Mai 03

Retrouvez 3 argumentaires pour faire barrage à la candidate du FN

Jusque la fin de la semaine nous vous proposons des argumentaires pour faire barrage à la candidate du FN

Aujourdhui :

1 – POUVOIR D’ACHAT : la promesse de Mme Le Pen n’est que du vent
2 – LE RETOUR AU FRANC : les prix en forte hausse, la valeur de l’épargne en baisse
3 – LE PROTECTIONNISME “INTELLIGENT” : une bêtise pour nos emplois 

 

 

 1 – POUVOIR D’ACHAT : la promesse de Mme Le Pen n’est que du vent

 

L’enjeu 

Le pouvoir d’achat est l’une des priorités des Français.

Ce qu’elle propose pour nous séduire 

« Une Prime de Pouvoir d’Achat » (proposition 59) qui sera versée aux «bas revenus et aux petites retraites» touchant jusqu’à 1500 euros par mois. Cette prime, dont le montant n’est pas très précis – « à peu près 80 euros par mois » – sera financée par «une contribution sociale sur les importations de 3%».

Pourquoi c’est du vent 

1)     Parce que dans les cadres actuels, instaurer des droits de douane est impossible. Pour le faire, il faut modifier les traités européens à l’unanimité – ce qui n’est pas gagné  – ou sortir de l’Europe. Est-ce ce que nous voulons?

2)     Parce que sa prime, ce sont d’abord des taxes en plus. Si Madame Le Pen voulait verser cette prime avant d’avoir instauré la taxe sur les importations, elle serait obligée de la financer par une hausse d’impôts et donc de la faire payer par les classes moyennes.

3)     Parce que sa prime n’aura aucun effet durable. La taxe de 3% se traduirait rapidement par une augmentation des prix de nos importations, ce qui amputerait d’autant le pouvoir d’achat de l’ensemble de la population française. Sans compter les mesures de rétorsion. La sortie de l’euro entraînera une inflation qui diminuera les revenus de 15 à 20%. 80 euros ne vaudraient plus alors que 64 euros.

4)     Parce qu’elle reprendra d’une main ce qu’elle aura donné de l’autre. Avec la taxe sur les importations et l’inflation, la prime pour le pouvoir d’achat pour les revenus et les petites retraites annoncée par Madame Le Pen serait au final financée par le consommateur.

5)     Parce que ce sont les plus pauvres qui paieront. Ce sont surtout les personnes disposant de bas revenus qui proportionnellement consacrent le plus à la consommation.

6)     Parce que son coût n’est même pas couvert. Selon les spécialistes, cette promesse coûterait 14,8 milliards d’euros : 80 euros par mois versés à 10,5 millions de salariés disposant d’un revenu inférieur à 1500 euros 5 millions de retraités aux pensions inférieures à 1.000 euros bruts mensuels. Si la taxe portait sur les importations hors Union européenne (274 milliards d’euros au total), elle rapporterait 8,2 milliards. Pas suffisant pour financer la prime puisque le solde serait négatif de 6,6 milliards d’euros.

 

2 – LE RETOUR AU FRANC : les prix en forte hausse, la valeur de l’épargne en baisse

 

L’enjeu 

Le soutien à l’économie et à la souveraineté nationale.

Ce qu’elle propose pour nous séduire 

Madame Le Pen fait de la sortie de l’Euro et de l’Europe le point central de son programme (proposition 1) au nom « de la restitution de la souveraineté au peuple français ». Pour y parvenir, elle veut engager une négociation avec les partenaires européens et un référendum.

Pourquoi c’est du vent 

1) Elle veut nous faire croire que l’Euro est responsable de tous nos maux. Mais, d’après de très nombreuses études, la monnaie unique n’apparaît pas être responsable ni d’un ralentissement de la croissance, ni d’une perte de pouvoir d’achat, ni d’un déficit de compétitivité.

2) Les trois quarts des Français sont opposés à la sortie de l’Euro.

3)Madame Le Pen condamne la 5ème puissance mondiale à l’isolement : aucun autre pays n’a demandé à sortir de l’euro pour revenir à sa monnaie nationale. Sa solution est un délire solitaire !

4)Le retour au Franc provoquera une forte dévaluation de la monnaie : le coût de nos importations augmentera considérablement et amputera le pouvoir d’achat de tous les Français. Le prix des biens et services subira une très forte inflation. Le revenu d’une personne au SMIC devrait diminuer de 12%.

5)Un retour au franc aurait pour effet de déprécier l’épargne des Français et notamment celle placée en assurance-vie. L’hyperinflation ferait fondre la valeur de notre patrimoine.

6)Un retour au franc appauvrira d’abord ceux que le FN prétend protéger : les Français qui consacrent le plus de revenus à leur consommation sont les plus pauvres. L’augmentation des prix, ce sont eux qui la paieront le plus cher.

7) Madame Le Pen voit le retour au franc comme un retour à la souveraineté : c’est plutôt un aller-simple vers l’appauvrissement.

 

3 – LE PROTECTIONNISME “INTELLIGENT” : une bêtise pour nos emplois 

L’enjeu 

La lutte contre le chômage est l’une des priorités des Français

Ce qu’elle propose pour nous séduire 

Marine Le Pen pratiquera un «protectionnisme de microchirurgie», avec des droits de douane adaptés à chaque pays pour protéger des secteurs stratégiques. « Si je veux revenir à une monnaie nationale, ce n’est pas idéologique. (…) Cela veut dire avoir enfin une monnaie adaptée à notre économie, retrouver une dynamique à l’export. Mettre en place un protectionnisme intelligent ». Elle prévoit ainsi d’instaurer une contribution sociale sur les importations de biens qui se monterait à 3 % de leurs valeurs.

Pourquoi c’est dangereux 

1)  Parce que la question des droits de douane relève de la compétence de l’UE et que toute modification de traité doit être adoptée à l’unanimité des pays membres. Par ailleurs, au sein de l’UE, la discrimination entre Etats-membres n’est pas possible qu’il s’agisse de barrières douanières, de barrières non tarifaires ou d’impositions fiscales protectionnistes.

2)Parce que c’est d’abord une réduction du pouvoir d’achat. Ériger des barrières douanières au nom de la protection de notre économie aurait un surcoût annuel par foyer compris entre 1270 et 3620 euros, selon l’économiste Emmanuel Combe.

3) Parce que la mise en place de quotas d’importation s’accompagnera d’une hausse des prix pour le consommateur.

4)  Parce que cela provoquera du chômage. En citant en exemple la politique protectionniste menée aux Etats-Unis par Donald Trump, Marine Le Pen oublie de préciser que les emplois sauvés dans une industrie sont détruits ailleurs. Les mesures protectionnistes américaines pour limiter l’importation d’acier ont sauvé 3 500 emplois chez les producteurs et détruit entre 12 000 et 40 000 emplois chez les entreprises utilisatrices d’acier.

5) Parce qu’il est illusoire de penser que nos partenaires commerciaux ne réagiront pas à une politique de retour des barrières protectionnistes. La mondialisation n’est pas un jeu à somme positive. Si la France impose des barrières douanières, nos partenaires commerciaux le feront aussi contre nous dans nos exportations. Ce qui touchera de plein fouet les PME exportatrices. Or les exportations pèsent pour 30% du PIB.

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