Résolution de la Fédération du Nord du Parti Socialiste

Les socialistes du Nord solidaires des mobilisations sociales :

Après avoir réduit l’impôt des plus riches tout en frappant au porte-monnaie des plus vulnérables (baisse de l’ISF, augmentation de la CSG des personnes âgées, baisse des APL.), le gouvernement mène une politique particulièrement injuste socialement, épargnant les « premiers de cordées » dans les efforts demandés.

Il poursuit sa trajectoire libérale et s’attaque désormais aux services publics en faisant croire qu’ils constituent un poids pour la Nation.

Une réforme de la SNCF est nécessaire. Nécessaire parce qu’en tant que service public, la SNCF est un moyen de la politique d’aménagement, au service du désenclavement des territoires ruraux et périurbains. Nécessaire, parce qu’une dette de 50 milliards ne peut être ignorée. Mais une autre réforme est possible que celle qui mène à la privatisation que nous propose le gouvernement.

Il s’agit là d’une réforme qui abandonne toute ambition d’égalité territoriale : en transférant la gestion des « petites lignes » aux régions, alors même que la dernière loi de finances a considérablement réduit les marges de manoeuvre de ces collectivités, le gouvernement nous conduit vers une logique qui mènera à la fermeture de nombreuses lignes dans notre département.

De la même manière, une réforme de l’enseignement supérieur est indispensable pour réussir pleinement sa démocratisation. Il faudra pour cela des moyens pédagogiques plus importants, conforter les conditions de vie et d’accueil des étudiants et soutenir la recherche. En ce qui concerne l’accès à l’université, la mise en place du tirage au sort ne peut justifier à elle seule la sélection.

Mais alors que la jeunesse en appelle à davantage d’autonomie, davantage de possibilités, davantage d’ouverture, c’est une réforme de restriction qui nous est imposée, avec la présence anxiogène de forces policières dans les facultés qui cherchent à brider le mouvement étudiant.

Restriction des possibles, restriction des avenirs, qui condamnent la jeunesse française à vivre dans l’inégalité, entre ceux disposant d’un capital social, économique et culturel élevé depuis leur plus jeune âge, et ceux se battant pour utiliser l’ascenseur social.

Là où nos universités sont dans un état déplorable tant en terme de moyens financiers, que de moyens humains et d’infrastructure, le gouvernement fait le choix de bâcler la réforme de l’enseignement supérieur en n’attribuant aucun moyen supplémentaire à l’université et en instaurant la sélection injustifiable et inacceptable des étudiants quand il refuse d’ouvrir le débat de l’orientation des élèves.

Le monologue présidentiel n’est pas une voie saine pour gouverner un pays. C’est pourtant ce que fait Emmanuel Macron depuis le début de son mandat, s’écartant complètement de la tradition de dialogue social.

Que le gouvernement prenne garde : il a tort de ne pas écouter la jeunesse et de lui imposer par la force des réformes injustes et inefficaces. Il a tort de monter les citoyens les uns contre les autres en pointant du doigts les privilèges fantasmés des cheminots ou des fonctionnaires. Il a tort de vouloir abaisser les droits de l’opposition en préparant une réforme constitutionnelle non concertée. Il a tort enfin de vouloir rompre avec la tradition française de pays d’accueil et d’asile de celles et ceux qui fuient la guerre, la misère, les persécutions ou encore le réchauffement climatique.

C’est pourquoi, fidèles à leur tradition, les socialistes du Nord prendront part aux initiatives de mobilisation sociales des fonctionnaires, des étudiants, des cheminots, des retraités et des salariés pour la protection de notre modèle social et pour l’acquisition de droits nouveaux.

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